Sakania - Bukama

     
719 km
(113 km d'embranchements) - Réseau C.F.K. créé en 1909 - Écartement : 1,067m    
 
  Km 000 - SAKANIA
Km 050 - MOKAMBO
Km 115 - TSHINSENDA
Km 242 -
ÉLISABETHVILLE - 1910
Km 334 - LUISHIA
Km 350 - KAPOLOWE
Km 385 - JADOTVILLE

Km 479 - TENKE
Km 505 - N'GULE
Km 582 - LUBUDI
Km 663 - LUENA
Km 719 - BUKAMA
 
 


plan du site
 

 
  La liaison Élisabethville - Lobito est traitée à la page DILOLO
Les liaisons Élisabethville - Bulawayo - Johannesburg - Cape Town
sont traitées à la page SAKANIA
La liaison Elisabethville - Tenke - Port-Francqui est traitée à la page PORT-FRANCQUI
La liaison Elisabethville - Kamina - Kabongo - Albertville est traitée à la page ALBERTVILLE

Horaire des la lignes de chemin de fer suivantes :

L'horaire du trajet Elisabethville - Tenke - Port Francqui de 1947 se trouve à PORT-FRANCQUI

 

Service Elisabethville - Jadotville - Tenke - Kolwezi (et vice versa).
En plus des trains courriers vers Port-Francqui, Albertville et Dilolo, le service est assuré chaque jour par des trains directs quittant Elisabethville le soir à 19:00 h (dimanche : 21:00 h) et Kolwezi à 22:00 h. Ces trains rapides mettent 10 heures entre Elisabethville et Kolwezi.
Une automotrice relie Elisabethville à Jadotville, le mercredi ; départ d'Elisabethville à 07:30 h, arrivée à 10:00 h. Départ de Jadotville à 18:00 h, arrivée à Elisabethville à 20:30 h.

Pour un aperçu historique des Compagnies, cliquez ici.
Pour une chronologie des lignes, cliquez ici.
 


Chronologie de la construction de la ligne
 

 

Pour le premier tronçon, voir à Sakania.

Dans ces immenses territoires, promis à un extraordinaire développement dès qu'ils auront été vivifiés par le chemin de fer, il importe d'établir un centre administratif et commercial, une ville, une "capitale". Ce sera Élisabethville, fille de l'industrie fécondée par le rail. Les centres d'activité de l'Union Minière se situent le long d'un arc de cercle et c'est le plus près possible de cette épine dorsale que devra s'incruster le rail.
27 septembre 1910.
A onze heures du matin, le rail est posé devant le petit baraquement dénommé gare et portant, fraîchement peint "Élisabethville" Le Gouverneur Wangermée est présent, avec quelques personnalités. Très peu de monde, en somme, assiste à cet évènement et aucune cérémonie n'est organisée. La ville n'a pas le temps d'organiser une fête, il y a mieux à faire. Le rail doit se prolonger rapidement vers le Nord. Le travail ne s'arrête pas un instant.

Deuxième tronçon : ELISABETHVILLE-KAMBOVE (164 km).
L'établissement d'un atelier de réparation machines à Elisabethville s'avère nécessaire pour ne pas devoir dépendre des infrastructures techniques anglaises de la Rhodésie. Ce sera chose faite en 1912. Kambove, deuxième centre minier du Katanga, doit être desservi au plus tôt !
Mai 1910 - Les levés tachéométriques débutent.

 


Récit d'Odon Jadot
C'est pourquoi, avant l'arrivée du rail 0 Elisabethville,je fus détaché de la construction... pour entamer de toute urgence les études de la ligne actuelle d'Elisabethville à Kambove.
Jusqu'à la Lukuni, cela marcha à merveille, mais de là à Sofumwango, il fallut déchanter. Mille difficultés nous attendaient à cause de l'absence absolue de cartes. Nous e^mes à pérégriner longtemps dans une région où tous les ruisseaux étaient à sec. C'est la seule fois que pareille mésaventure m'arriva pendant ma carrière africaine. Nous trouvions au fond des ravins des flaques d'eau croupie, épaisse et brunâtres où évoluaient des insectes agiles. Nous la filtrions dans des boîtes à biscuits percées de trous et garnies de charbon de bois pilé. Le résultat n'était guère brillant. L'eau n'était ni décolorée ni désodorisée ; au moins ses habitants vivants avaient disparu, empêtrés dans le charbon de bois.
Nous faisions bouillir cette eau et nous nous en servions pour le thé. Pour la toilette, elle était inutilisable et nous usions de genièvre hollandais dont heureusement nous ne manquions pas...
Nous sortîmes enfin du dédale de la Sofumwango et, jusqu'à la Lufira, nous n'eûmes plus guère de difficultés.

 

 

Juillet 1910 à janvier 1911 - Mission d'étude de la prolongation de la ligne vers le nord menée par l'ingénieur-directeur BCK Chabry. Deux tronçons sont à construire séparément : Elisabethville-Kambove et Bukama-Kambove pouvant être construit à partir de ses deux extrémités.
6 avril 1911 - Constitution de l'entreprise Société Coloniale de Construction pour l'exécution du tronçon Elisabethville-Kambove.

  
Site de Kambove
en 1920

1er juin 1911 - Début des travaux.
Septembre 1912
- Les quelques difficultés se présentent au passage de la Lufira, avec un pont de 50 m peu avant le km 360, point le plus bas du tracé avec la cote 1.150 - De là, la ligne effectue une ascension lente et continue jusque Kambove. Les 15 derniers km exigent d'importants travaux de terrassement. Le pont sur la Lufira sera définitivement achevé le 10 janvier 1914.
Janvier 1913
- Étude du tracé suivant Kambove-Tshilongo.
15 juin 1913 - Arrivée du rail à Kambove.
1er juillet 1913 - Ouverture officielle de la ligne.

Pour la suite de la progression de la ligne, voir à Jadotville.

 


Amélioration du tracé Elisabethville - Bukama
 

 

Bien qu'achevée en 1918, la ligne Sakania-Bukama ne présentait pas une efficacité optimale. Des situations "provisoires" subsistaient, surtout au nord de Kambove.
24 février 1920 - Un rapport très critique enjoint de construire du "définitif" en ouvrages d'art et ponts, de compléter le parachèvement et le ballastage. Mais, par défaut de ballast de bonne qualité, les voies se dégradent en saison des pluie, les carrières de pierres sont rares et le transport très coûteux. Les recettes d'exploitation ayant augmenté depuis 1913, le besoin en équipement croît également. La croissance n'exclut pas des tensions sociales nées après la guerre entre Blancs et Noirs. 80 agents européens sur 380 sont en grève tandis que le personnel congolais est au travail. La grève est générale à l'UMHK. La conduite des locos sera désormais assurée par des congolais, officialisant un état de fait, contre l'avis de meneurs sud-africains. Le CFK crée des écoles techniques pour la formation des travailleurs congolais.

  
Magasin CFK -
1918

Les ponts métalliques importants de 51 m de portée remplacent progressivement les provisoires en bois, comme ceux sur les rivières Kalule et Lubudi, entre Tenke et Bukama.
14 novembre 1921 - Le pont de Lubudi était au km 600 lors des travaux provisoires et est passé au km 591 après réalisation des variantes.
1922 - Le pont qualifié d'audacieux (travée de 200 tonnes montée  sur plate-forme dressée au niveau des sommiers) de Kalule-Nord qui était au km 641 est passé au km 635 ! Un pont de 51 m est également jeté au dessus de la Lufira, à 25 km au sud de Jadotville.
1926 - Le pont de 108 m franchissant la Sofumwango à 55 km d'Elisabethville a une toute autre histoire. Construit à la hâte en 1913 (pour "faire avancer" la ligne), il fut démonté car la photographie aérienne avait montré une autre voie plus courte en passant en amont des sources et des ravines de la Sofumwango. Une variante permet de gagner 3 km en réduisant les rampes et sans changer l'emplacement de la gare.
Les 12 km de raccordement pour Likasi-Panda.
L'UMHK entreprend, dès 1919, la construction d'une usine de traitement du cuivre, à Panda, à 8 km au sud-ouest de la gare de Kamatanda.

   
Kamatanda
1920
 

  
Kamatanda
1924


  
Château d'eau de Kamatanda

Le site prendra une telle extension qu'il va rapidement donner naissance à la ville de Jadotville (1931). De là, la nouvelle ligne s'éloigne de la direction originelle pour Kambove et file directement vers la vallée de la Luambo (km 407) et rejoint la gare de Mulungwishi au km 422 au lieu de 440.
Rectification de la ligne aux environs de Kitenda (km 615 au lieu de 630) en supprimant plusieurs courbes.
1929 - le CFK exploite 713 km de lignes principales, 89 km d'embranchements divers.
29 juin 1931 - La gare de Likasi devient une nécessité pour les voyageurs. Jadotville est née.

De variante en variante, la ligne gagne 40 km sur le parcours original, représentant un gain d'une heure de trajet..

Les stations entre Elisabethville et Jadotville
Lukuni - Tumbwe - Chila Tembo - Sofumwango - Chila Simba - Luishia - Kapolowe - N'Goya
Un peu d'histoire.

   1911

Entre ces deux images, quelques mois se sont passés.
On remarquera la construction d'une annexe en dur à gauche de la gare, à la place de la tente
ainsi que l'adjonction d'éclairage et le nivellement du sol.

 

   1912


Des années 30 à 1960
 


Nouvelle gare terminée -
1930


Place de la Gare - 1930


Place de la Gare - 1933


Site de la gare - 1935

  
Ateliers -
1939

  
Dépôts industriels

  
Quais -
1952

   
Inauguration du Siège du BCK

  

 


Récit de voyage de l'époque pionnière.
Le voyageur atteint Broken Hill le dimanche matin, puis...

Les fermiers de ce territoire vivent des achats considérables de bétail et de grain pour le Katanga et nos agriculteurs pourront se rendre compte de l'importance du marché de notre colonie, en observant les exploitations qui s'échelonnent le long de la voie ferrée (rhodésienne).
Plus le voyageur se rapproche du Congo Belge, plus la forêt devient dense et haute. Broken Hill où existent une mine et une fonderie de plomb, n'est qu'à 225 km de la frontière, que l'on franchit généralement le dimanche soir. Peu de temps après, on débarque à Sakania, premier poste belge, situé à 13 km de la frontière, après un parcours de 3.472 km en chemin de fer, effectué en cinq jours.

On abandonne à Sakania les voitures rhodésiennes pour prendre place dans celles du Chemin de Fer du Katanga, après s'être présenté à l'examen de l'Agent de l'Immigration et du Vérificateur des Douanes. La visite des bagages est limitée à ceux que le voyageur prend avec lui dans le compartiment ; les gros bagages enregistrés sont examinés à l'arrivée à Elisabethville. Les droits d'entrée de 10% ad valorem doivent être acquittés sur tous les objets autres que les effets personnels ; on paiera donc des droits sur les appareils photographiques, les armes, les provisions, l'outillage, le matériel de campement, etc...

Le train pour Elisabethville quitte Sakania vers 3 heures du matin. Il passe par Mokambo, Kasumbalesa (mine de fer), Tshinsenda et Baya (route vers la mine de Kansanshi) et, à 1 heure de l'après-midi, il entre en gare d'Elisabethville, dont le quai est généralement encombré d'amis ou de curieux venus voir l'arrivée du "courrier d'Europe".

S'ils sont engagés par un organisme quelconque, les nouveaux arrivants trouvent toujours un agent pour les recevoir et les guider vers un hôtel ou vers l'habitation qui leur est assignée. Les colons envoyés par les soins du Ministère des Colonies sont reçus à la gare par un agent du service des Affaires Économiques, qui facilite leur logement et leur installation. Les deux premiers jours sont passés à la gare, pour retirer les bagages, à l'état civil, pour se faire inscrire sur les registres de la population et dans les magasins, pour effectuer l'achat des objets indispensables à l'installation. Les colons qui n'ont pas d'engagement peuvent se rendre chez le Chef du service des Affaires Économiques, où ils recevront tous les renseignements utile en vue de leur placement.

En moins de huit jours, chacun est à son travail, soit à Elisabethville, soit à Kambove, Likasi ou l'Etoile du Congo, là où les fonctions, les connaissances ou les nécessités du service l'appellent. Un mois après, les "bleus" sont faits au milieu nouveau, on ne les distingue déjà plus dans les anciens résidents : ils sont devenus des "coloniaux".

Le Katanga - A. De Bauw - Ed. Larcier, Bruxelles 1920.
Extrait du tome 1 "Le Rail au Congo belge" - p 324 de Charles Blanchart.