Stanleyville - Ponthierville
(Ubundu)
     
125 km - Réseau C.F.L. créé en 1903 - Écartement : 1,00 puis 1,067m depuis 1955
    
     
  Km 000 - STANLEYVILLE - 1903
Km 125 - PONTHIERVILLE
 
 
 


plan du site
 

 
     
 

 
     
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Compagnie du Congo Supérieur au Grands Lacs Africains - C.F.L.
Ligne Stanleyville - Ponthierville
(et vice versa)

Cette ligne, combinée aux biefs navigables du fleuve Congo, a été créée dans le but de désenclaver le centre du Congo et le Katanga en leur fournissant un accès à la côte atlantique, ce, après que la liaison Matadi - Léopoldville ait été réalisée, ces deux lignes permettant d'éviter les rapides du fleuves Congo situés entre Stanleyville et Ponthierville (les Stanley Falls) et le Stanley-Pool (Léopoldville) - Matadi. Stanleyville fut le siège du CFL jusqu'en 1917, date à laquelle ces services sont transférés à Kindu, poste plus central sur le réseau.
 

Horaire.
Deux trains par semaine, dans les deux sens.
Au départ de Stanleyville
, le samedi à 13:00 h, arrivée à 20:30 h - le mercredi à 14:30 h, arrivée à 19:30 h.
Le train de mercredi assure la correspondance avec les bateaux de l'Otraco venant de Léopoldville et le bateau Ponthierville-Kindu.
Au départ de Ponthierville, le samedi à 23:30 h, arrivée le dimanche à 06:00 h - le mercredi à 23:30 h, arrivée le jeudi à 06:00 h.
Le train du mercredi assure la correspondance vers Stanleyville des passagers du bateau de Kindu et, à Stanleyville, avec le bateau Otraco pour Léopoldville.

 
     
 


Chronologie de la construction de la ligne
 

 
     
 

1902 - Mission d'étude avant la création de la CFL. Deux projets sont envisagés, l'un en rive droite, pour relier le Nil, et l'autre en rive gauche, plus court et moins accidenté. C'est ce projet qui sera retenu.
Auguste Adam rejoint Stanleyville pour prendre la direction de la construction de la ligne.
Le matériel nécessaire à la construction de la ligne est commandé et sera transporté au prix coûtant de Matadi à Léopoldville. Deux vapeurs sont commandés pour le transport sur le fleuve entre Léopoldville et Stanleyville (le Kitambo, en 1904, et le Segetini, en 1905). Le port de Léopoldville fut aménagé à cet effet. - On opte pour un système analogue à celui des chemins de fer vicinaux de Belgique, à écartement d'un mètre. Ce choix est dicté également par le fait que le chemin de fer allemand de l'Afrique de l'est est à l'écartement d'un mètre également. Après étude et relevé sur place, la ligne à voie unique sera située sur la rive gauche du fleuve Congo. Commande de 2.000 tonnes de rails, 40 branchements, 2 plaques tournantes.
Remy Theeuws
arrive en décembre pour la production de traverses de bois. Bientôt, une scierie mécanique mobile précédera la pose des rails au fur et à mesure de l'avancement de la ligne. Le bois de Limbali sera utilisé car il résiste mieux aux attaques des termites. Malgré cela, il faudra régulièrement remplacer les traverses.
2 janvier 1903
- Les travailleurs s'attaquent au débroussaillement de la rive à l'endroit où la gare sera édifiée.
Georges Passau
est chargé d'établir les camps de base, les ateliers, les quais...
Mars 1903
- 3 locomotives-tenders de ligne du type 0-6-0 de 26,4 tonnes sont commandées aux Ateliers de Construction de la Meuse.
Juin 1903 - Pose des premiers rails. Commande de 24 wagons.
Octobre 1903 - Pour la construction de la ligne, une loco d'occasion Krauss type 0-4-0 de 13 tonnes est achetée ainsi que trois locos de manoeuvre du type 0-4-0 de 15,2 tonnes. (Trois autres locos seront commandées en 1915 pour le deuxième tronçon de la ligne. Mais, ces locos sont trop lourdes et arrachent les rails. On commandera donc en 1906 quatre locos de même type mais de 18,6 tonnes pour remplacer celles que l'on retirera). On commande également 12 wagons de terrassement.
Août 1906 - Pose des derniers rails.
1er septembre 1906 - Inauguration de la ligne.
Le rail
part de Stanleyville (cote 428) et s'élève jusqu'à 538 m (km 114) pour descendre sur Ponthierville (cote 470). En plus de l'abattage des arbres (on se trouve en forêt dense), il aura fallu remuer plus de 860.000 m³ de terre et construire 12 ponts sur plusieurs affluents du Lualaba. Les 6 premiers sont construits en bois, les suivants le seront en acier. Aussitôt le rail arrivé à Ponthierville, l'équipe de construction revient sur ses pas pour parachever les travaux. On entreprend alors des travaux de variantes pour réduire la déclivité, mettre au gabarit la plate-forme, construire les ponts définitifs en acier... Ce seront des travaux achevés en 1909 pour les ponts, 1920 pour la plate-forme et 1923 pour le ballastage.
La voie est longée par une ligne téléphonique et les postes de ravitaillement sont situés aux km 25, 65 et 95.
1907 - Commande des voitures pour voyageurs.

 


Depuis un mois, les 127 km du chemin de fer de Stanleyville à Ponthierville ont ouvert à la vapeur les 400 km du bief navigable de Ponthierville à Kindu,... et voici une nouvelle route de portage abolie. Une voie est projetée de Kindu à  Buli où s'ouvre un bief navigable d'où partiront les lignes du Katanga...
  
Bulletin de l'Union des Associations des anciens élèves des écoles supérieures de commerce de France.
 

 

Bilan.
300 européens ont contribué au succès de l'entreprise. 19 moururent à la tâche et 44 durent être rapatriés pour cause de maladie.
2.500 travailleurs africains (travailleurs de la côte et sénégalais compris) dont de nombreux resteront au service jusqu'à la fin de leur carrière. 321 décès à déplorer.

 
     
 


Récit de voyage de 1910
 

 
     
 

Chauffée au bois, la locomotive lance par sa cheminée en entonnoir, d'épaisses volutes de fumée : les bagages, sur lesquels nos Noirs sont juchés dans un pittoresque désordre, sont entassés dans les fourgons ; nous grimpons dans la dernière voiture du train. Un coup de sifflet strident, auquel répond la grave sirène, déchire l'air par trois reprises, les wagons s'ébranlent avec lenteur... nous sommes en route pour Ponthierville à 125 km de Stanleyville.
Nous roulons à raison de 25 km à l'heure sur des rails d'un écartement de 1 mètre. La voie traverse une région extraordinairement riche, puisqu'on me dit qu'on peut y faire cinq récoltes successives de riz.
Nous voici à Ponthierville avec ses décoratifs arbres à pain...
Nous rejoignons ensuite la rive où l'"Auguste Delbeke", sternwheeler de 100 tonnes spécialement frété pour nous, le grand pavois hissé, nous attend pour nous conduire en quatre jours à Kindu, à 320 km en amont.
Bientôt disparaît à l'horizon la rive de Ponthierville, si impressionnante avec ses massives tours carrées qui ont un redoutable aspect, plus factice que réel peut-être, mais qu'importe,... de fortifications moyenâgeuses qui contribuent, en outre, à lui donner un cachet tout spécial et en font, de plus, un des plus jolis tournants du fleuve.
Et tandis que les postes de bois se suivent, je constate, avec une vive satisfaction mêlée d'étonnement, l'ordre et la discipline extraordinaires qui y règnent et que je n'ai pas encore rencontrés jusqu'ici.
  
Extrait du récit du voyage de Mr et Mme Renaux de Boubers - "Quatre mois de tourisme au Congo" - Expansion Belge, 1911.