Bukama - Port Francqui
(Ilebo)
1.123 km
- Réseau
C.F.K. créé en 1923 - Écartement : 1,067m
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Km 0000 -
BUKAMA
- 1923
- Voir aussi à
Sakania - BUKAMA
Km 0145 - KAMINA
Km 0416 - LUPUTA
Km 0458 - MWENE DITU
Km 0585 - TSHIMBULU
Km 0701 - LULUABOURG
Km 0892 - KAKENGE
Km
0951 - MWEKA
Km 1123 - PORT FRANCQUI
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plan du site
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Pour un aperçu historique des
Compagnies,
cliquez ici.
Pour une chronologie des lignes,
cliquez ici.
Horaire de BUKAMA - Port-Francqui, voir celui
d'ELISABETVILLE - PORT FRANCQUI
(voir Port-Francqui) |
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Carte et profil de la ligne.
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Documents extraits du livre "La transformation
du paysage congolais par le chemin de fer - MM Nicolaï et Jacques
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Le tracé qui a été adopté
définitivement s'efforce en général de suivre les lignes de faîte. Il
traverse le Lualaba à Bukama puis longe le fleuve vers l'aval sur une
dizaine de km avant d'emprunter la crête qui sépare les bassins du Lubudi et
du Lovoï. Après avoir franchi le Lovoï, il gravit le plateau pour atteindre
Kamina. Dès lors, il n'aura qu'à parcourir les immenses surfaces herbeuses
du Lomami qu'entrecoupent quelques vallées peu profondes bordées de galeries
forestières très maigres (Lomami, Luembe, Lubishi, Luba).
Après la traversée du Lubilash, la morphologie tend à se diversifier. Le
rail longe les contreforts orientaux des monts Masuku, c'est-à-dire des
plateaux subhorizontaux fragmentés qui s'étendent dans l'est du territoire
de Kanda-Kanda, emprunte la ligne de partage Lubilash-Luilu puis la
Bushimaie et enfin la Lubi, dernière grande rivière qu'il traverse. Au delà,
dans le territoire de Dibaya, il suit grosso modo jusqu'à Port-Francqui le
faîte qui sépare les bassins du Kasaï ou plutôt de la Lulua-Kasaï et du
Sankuru. La descente se fait de manière continue depuis Kaulu (876 m)
jusqu'à Malu-Malu (481 m) et à 14 km d'Ilebo. La voie ferrée emprunte alors
le versant gauche de la Lutshwadi pour se glisser jusqu'au bord du Kasaï
(Port-Francqui - 354 m). |
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Chronologie de la
construction de la ligne BUKAMA - PORT-FRANCQUI (1923-1928)
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Les travaux de
construction de la ligne ont été entrepris simultanément aux deux extrémités
en 1923. La jonction des deux rails a eu lieu le 13 février 1928. La ligne
franchit le fleuve Lualaba sur un pont de 248 m en quatre travées
métalliques du type Vierendeel. Elle remonte le versant ouest de la vallée
du Lualaba pour arriver immédiatement à son point culminant : Kamina. Elle
traverse ensuite les magnifiques plateaux du Lomami et du Kasaï coupés par
plusieurs affluents importants du Sankuru qu'elle traverse. Elle emprunte
enfin, sur la majeure partie du restant de son parcours, la ligne de faîte
Kasaï-Sankuru jusqu'à Port-Francqui. Elle traverse la province du Katanga,
district du Haut Luapula, entre les gares de Bukama et Kibula. Elle pénètre
ensuite dans le district du Lomami (province du Katanga) jusqu'à la
Bushimaie (km 487 de Port-Francqui et reste ensuite, sur le restant de son
parcours, dans la province du Congo-Kasaï (district du Kasaï).
Extrait du travail scolaire de Georges Forthomme,
élève au Collège Saint-François de Sales à Elisabethville -
1954.
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La "Voie Nationale", certes,
mais...
Dans l'immédiate après-guerre 1914-1918, le
tronçon Tshilongo-Bukama achevé, un axe long de 4.408 km part de
Banane, sur l'océan atlantique, et rejoint
Sakania, à la frontière rhodésienne. Il
concrétise le souhait de Léopold II : " une voie traversant le pays de
part en part, reliant la capitale au cœur du Katanga".
Celle-ci fut immédiatement appelée "Voie Nationale". Bien que réalisant
le souhait royal, cette voie était longue, exigeant 7
transbordements avec 4 tronçons fluviaux et 4 tronçons ferroviaires.
Le parcours total s'effectuait en
30 à 45 jours selon le sens parcouru et la
saison. En basses eaux, la fluidité était ralentie par les fréquents
échouages et les trains d'alors ne roulaient pas plus vite qu'à 25 km/h de
moyenne.
Pourtant, la traversée du Congo belge s'effectuait dans un
bon confort relatif mais demandait au voyageur
d'être patient car les trains ne roulaient que rarement de nuit et les
bateaux fluviaux s'arrêtaient de nuit, les voyageurs dormant dans leur
cabine. De plus, les voyageurs devaient bien "calculer" leur correspondance
en fonction des horaires parfois irréguliers ou
des retards dus à toutes sortes de circonstances (correspondance non
immédiate fer-eau, insuffisance ou manque de mise à disposition de matériel,
obligation d'emprunter une voie unique, calendrier saisonnier...). Pour le
fret, c'étaient les conditions de stockage ou
leur défaut, l'attente en wagon le long de quais surchargés, l'afflux
rapidement croissant de celui-ci à Matadi, les convois limités à 150
tonnes... Le fort ralentissement de l'acheminement
tant des personnes que des biens devenait insoutenable.
Le transport vers l'Est, par les Grands
Lacs, s'avérait tout aussi lent, exigeant la
traversée de lacs immenses. De plus, la traversée Mer du Nord-Côte Orientale
Africaine par le canal de Suez prenait de 21 à 29 jours (soit 5 à 13 jours
de plus que par l'océan Atlantique). Et si la facilité des formalités était
assurée par convention après la première guerre mondiale, il fallait
néanmoins dépendre de la tutelle anglaise et
subir de trop nombreux transbordements (4 au
minimum).
Reste un axe facile : Le Cap - Durban -
Beira vers la Rhodésie (Broken Hill) et la frontière katangaise.
Pas de rupture de charge ! Il exige néanmoins
40 jours minimum.
A toutes ces considérations venait se greffer le
retard supplémentaire dû au manque
d'infrastructure routière interne au Congo si l'on sortait un tant
soit peu des centres desservis par le fleuve ou le rail (sauf pour la partie
nord de la colonie où le travail effectué sans relâche par l'Otraco sera
colossal - 8.500 km de routes accessibles aux véhicules légers). Autre part,
les chemins n'acceptaient pas de charge supérieure à 3
tonnes par essieu.
Nouvelles initiatives.
- Reprise par la Colonie de sociétés affectées au transport,
- Dédoublement de lignes ferrées ou leur électrification,
- Jonction Bas-Congo au Katanga ou construction d'une autre ligne vers
l'Atlantique,
- Amélioration et balisage complet des voies navigables difficiles,
- Création d'une infrastructure routière moderne où l'eau et le fer ne
suffisent plus.
En outre, un nouveau moyen de communication avait pris un essor significatif
: l'avion. Une nouvelle donne politique était créée depuis la fin de
la guerre : le mandat sur le Ruanda-Urundi. Il
convenait de créer un axe de transport depuis le Congo vers la
Ruzizi et les rives du
lac Tanganyika pour donner à ces régions un
accès au Lualaba.
Toutes ces dernières observation
mènent à une décision : la création d'une ligne ferrée reliant Bukama
à un point navigable du fleuve Kasaï. Celle-ci est prise dès 1921.
Travaux d'études - 1922-1923.
Odon Jadot les dirige et reprend une étude
de 1914 arrêtée par la guerre.. Ceux-ci seront entrepris pour la
construction de 1.240 km de chemin de fer en raccourcissant le parcours
Bukama-Léopoldville et supprimeront 5 transbordements -
voir Études.
Le choix d'Ilebo
(Port-Francqui).
Odon Jadot avait axé la conclusion de
son étude sur un pont propice à la création d'un port
accessible en tout temps couplé à une gare de marchandise avec accès direct
aux quais. Cet endroit "constitue une exception unique dans la
région". et s'appelle Ilebo en dialecte
indigène. Cet endroit, assez proche du centre géographique du Congo,
sera baptisé du nom de Port Francqui.
Voir la carte ci-dessus.
Évolution des projets et leur
réalisation.
23 octobre 1923 - D'emblée, les travaux
partent des deux extrémités de la ligne. Des travaux nécessiteront la
rectification de l'écartement à 1,067 m et du tracé.
Juin 1932 - Un
nouveau tracé est inauguré, 44 km plus court et avec profil en long
plus favorable. La vitesse de pointe de 60 km/h est possible et les trains
de 350 tonnes permettent de désencombrer Matadi. |
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Tronçon au départ d'Ilebo.
1er avril 1923
- Deux chantiers débutent simultanément : la division
sud à Bukama, la division nord à Ilebo
(km 0). La division sud réceptionne son matériel via le sud du Katanga
(ligne Sakania-Bukama) et celle du nord, via les fleuves Congo et Kasaï.
Mais, il fallait, pour ce faire, construire le port nécessaire à Ilebo. Ce
sera le futur Port-Francqui. Le matériel
ferroviaire amené sur place semble être le surplus né de la première guerre
mondiale et roule sur écartement de 0,60 m, celui des vicinaux belges.
Les débuts de la division nord furent lents car
ils étaient retardés par la construction d'un port fluvial doublé d'une
gare. De plus, le personnel européen recruté par le BCK dans toute l'Europe
avait peu de temps pour s'adapter aux nouvelles conditions climatiques et
les travailleurs indigènes se faisaient rare en cette région peu peuplée.
Les travaux gigantesques de terrassement sont
effectués par les locos à voie étroite.
Mai 1923 - Odon
Jadot, directeur de chantier nommé par le BCK, se plaint des
conditions de travail à Bruxelles. La Belgique cherche immédiatement à lui
fournir l'aide nécessaire en approvisionnement de
nourriture et de matériel. Mais, la main
d'oeuvre ne suit pas. Les indigènes préfèrent travailler dans de
meilleures conditions à la Forminière à
Tshikapa (extraction de plus d'1.300.000 carats
de diamants par 17.000 ouvriers en une vingtaine de centres et, à l'époque,
deuxième producteur mondial - 6 centres agricoles de plus de 1.000 têtes de
bétail et des cultures vivrières pour alimenter son personnel) plutôt que
sur le chantier d'Ilebo continuellement en rupture d'approvisionnement.
Mai - début juillet
1923 - 80 congolais entament les travaux de
terrassement des premières tranchées au départ
d'Ilebo, à la cote 350. Jadot reçoit des couvertures et du tissus. Les
conditions d'engagement sont plus attrayantes pour les travailleurs
congolais. 500 hommes sont amenés par son
recruteur.
Juillet 1923 - Un apport de
273 travailleurs supplémentaires provenant de
Luluabourg.
21 juillet 1923 - Arrivée du rail
(écartement 0,60 m) au km 2. Endroit difficile
de par le sol encombré de racines. D'autres chantiers
s'ouvrent pour avancer plus rapidement.
Ce seront :
1er septembre 1923 - Début d'un
2e chantier au km 10.
15 septembre 1923 -
3e chantier au km 160, près de
Mweka. Le déboisement est effectué sur 80 km. -
4.000 ouvriers travaillent. Une route longe la
voie. L'état sanitaire est fort amélioré, la vaccination contre la variole
est totale.
14 décembre 1923 - Le rail est au
km 4 - Les difficultés d'approvisionnement
proviennent, en grande partie, de l'encombrement
permanent de la ligne Matadi-Léopoldville,
modeste voie à écartement de 0,765 m, vielle de trente ans ! Un
nouveau tracé à écartement de 1,067 m est décidé. Cette mise aux nouvelles
normes durera de 1923 à 1932. Ces travaux seront à prendre en compte dans la
lenteur d'acheminement du matériel pour la ligne Ilebo-Bukama.
1925 - Les 11 locos de type 0-6-0T à écartement de 1,067 m
sont amenées par voie fluviale et montées sur place aux ateliers dès que les
installations portuaires fluviales de Port-Francqui le permettent, afin de
débuter réellement la ligne vers Bukama.
Mai 1926 - Les
terrassements atteignent Demba (km 320)
et jusqu'à Dibaya (km 550 - à partir de
Bukama). La plate-forme est terminée, division
nord, au km 239 et au sud, au km 450. Le pont
définitif de Bukama est achevé. La voie
est achevée, pour la division nord, au km 124 et au sud, à 372 km de Bukama.
Près de la moitié du trajet Bukama - Port-Francqui
est terminée.
1er mars 1927 - Le rail venu du nord
atteint le km 182, celui du
sud le km 504.
Pour la suite de la progression, voir à
Kamina (le pont de Bukama). |
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Les stations
entre Bukama et Kamina |
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Sur la rive droite du Lualaba,
Bukama (altitude : 575 m) est le terminus de la ligne
venant de Rhodésie. C'est un chef-lieu de Territoire. Un service régulier de
sternwheelers ayant leur port d'attache à Kabalo dessert le Lualaba de
Bukama à Kabalo. Un bateau courrier, tous les 21 jours, assure la
correspondance avec les trains du B.C.K. et ceux du C.F.L. vers Albertville
et Kindu. |
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Cette gare donne correspondance aux trains venant de
Kindu, Albertville et Kamina et arrivant à Kabalo le mercredi soir. Les
voyageurs qui seraient restés deux jours à Kindu ou à Albertville pourront
utiliser ce service s'ils veulent voir le Lualaba. Le sternwheeler "prince
Léopold" qui remonte le Lualaba quitte Kabalo le jeudi à 02:00 h pour
arriver à Bukama le samedi de la semaine suivante au début de l'après-midi.
Au retour, il quitte Bukama le ,lundi à 06:30 h pour rentrer à Kabalo dans
la nuit du dimanche au lundi.
Le voyage sur ce tronçon de 600 km est très pittoresque, notamment la partie
sud où le fleuve se développe en de nombreux méandres, par un enchevêtrement
de chenaux donnant accès à une multitude de lacs et où il est envahi par une
abondante végétation de lotus, de nénuphars et surtout de papyrus. Aux
hautes eaux, ces plantes flottant au gré des vents forment des îlots parfois
très vastes.
Extrait du Guide du Voyageur - Infor Congo.
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Gare en 1925
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Convoi pour la main d'oeuvre -
Construction du pont sur le Lualaba. |
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Site de Bukama |
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