BCK - KDL  -  Le site des chemins de fer du Katanga
 
 

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Cette page s'est très largement inspirée de la revue
Agence Économique et Financière - Numéro spécial du 4 mai 1958

 
 


Bilan économique - Généralités
 

 
  
 

Le développement économique du Congo Belge a connu un essor prodigieux sous l'impulsion que lui a imprimée la colonisation belge. Il convient d'observer que l'évolution du Congo, devait nécessairement être rapide et positive. Le résultat obtenu est d'autant plus impressionnant que le point de départ avait été aussi précaire. L'économie du Congo, qui a débuté avec la mise en valeur sommaire et rudimentaire des produits de la cueillette, a échappé aux inconvénients de la monoculture rencontrés dans tant d'autres pays colonisés (canne à sucre, banane...) le Congo ayant toujours disposé d'un éventail assez large pour établir la régularité de ses revenus.

Cinq produits minéraux majeurs (cuivre et cobalt, cassitérite, zinc, or, diamant) et cinq produits végétaux (huile de palme, café, caoutchouc, coton, bois exotique) auxquels il faut ajouter l'ivoire du temps des exportations de l'État Indépendant, ont longtemps totalisé 90 % des exportations globales du Congo.

 

  

 


Exportations en 1957

 

En francs belges

  Produits végétaux    
   Bruts    
       Bananes
Bois
Cacao
Café
Caoutchouc
Copal
Coton
Fibres dures
Noix de palme
Thé

73.263.000
334.077.000
124.817.000
2.916.999.000
1.018.547.000
35.494.000
1.286.999.000
31.730.000
177.252.000
82.798.000

   
  Usinés    
    Bois
Huile d'arachide
Huile de palme
Huile de palmiste
Tourteaux

85.794.000
102.300.000
1.723.103.000
637.428.000
271.968.000

   
  Produits minéraux    
    Cuivre
Cobalt
Diamants
Or
Étain (min. et métal)
Zinc (conc. et métal)
Manganèse
Tantale
Tungstène
Cadmium
Germanium

7.476.248.000
1.463.174.000
1.537.036.000
636.475.000
1.533.553.000
754.070.000
448.085.000
38.651.000
89.725.000
73.644.000
84.171.000

   
 

 
  Total

23.958.963.000

 
 

Agence Économique et Financière - Numéro spécial du 4 mai 1958



Bilan socio-humanitaire
 

 
  Action médicale.  
 

Au moment où les Belges prirent contact avec les Congolais, la situation sanitaire de ceux-ci était inquiétante, au point que beaucoup étaient menacés de disparition. Décimés par des endémies qu'ils attribuaient à des interventions occultes, affaiblis par une sous-alimentation chronique, vidés de leurs éléments les plus sains par les chasseurs d'esclaves, payant ainsi un lourd tribut aux éléments et aux hommes.
Les premières caravanes furent accompagnées de médecins. Dès sa naissance, l'État Indépendant créa un service médical, prodiguant soins et protégeant la santé de tous.

1907 - 30 médecins sur le territoire du Congo Belge.
1956 - 650 médecins, 62 pharmaciens, 625 auxiliaires européens, 1.100 infirmières (religieuses et laïques), 4.000 auxiliaires indigènes. Tout ce personnel desservait 293 hôpitaux et maternités pour indigènes, avec 42.900 lits et 1952 dispensaires ruraux avec 15.375 lits.

En raison de son soucis d'associer plus étroitement les congolais en leur donnant la possibilité de s'initier à l'art de guérir, le Congo Belge a créé un réseau d'enseignement médical dont le point d'orgue est la création d'une faculté de médecine à l'université de Lovanium (Léopoldville).

Tous ces programmes approchent des dépenses de deux milliards de francs, tandis que le secteur privé totalise un milliards de francs.

Le médecin qui travaille au Congo, cheville ouvrière de cette œuvre, remplit un rôle social : il soigne, il sauve les vies, il éduque tout en étant privé des satisfactions intellectuelles que connaissent ses collègues de Belgique, livré à lui-même et responsable de la santé de tous. Ils œuvrent en patience, avec courage et dévouement, avec esprit d'initiative et de renoncement. C'est un praticien de grande classe, travaillant dans des conditions parfois minimales, presque toujours un homme d'élite.

 

  Enseignement.  
 

Le Congolais a une grande soif d'apprendre. Sans écriture, c'est la tradition orale qui transmet l'acquis des connaissances et des expériences. Depuis ces dernières années, à mesures que de nouvelles écoles s'ouvrent, affluent librement les élèves. Il convient de les accueillir dans des locaux, fussent-ils provisoires et inadéquats sous peine de les renvoyer jusqu'à l'année scolaire prochaine. Les efforts d'investissement totalisent plus de deux milliards de francs et trois milliards de dépenses récurrentes.

La politique scolaire des congolais vise quatre objectifs principaux :
- l'enseignement de masse, utilitaire ;
- la formation d'une élite intellectuelle et technique ;
- l'éducation de la femme congolaise ;
- le respect et l'essor des valeurs culturelles africaines.
 L'éducation porte sur toute réalisation destinée à lutter contre l'analphabétisme, la superstition, l'amélioration de la santé, la protection du sol, le développement familial et social sain et la vie économique. Ce programme comprend :
Pour les garçons :
- écoles primaires, postprimaires pour la masse ;
- écoles secondaires de formation générale, écoles professionnelles, agricoles, techniques ;
- enseignement supérieur et universitaire (Lovanium, Elisabethville) ;
Pour les filles (la vie coutumière congolaise étant hostile à l'instruction des filles) :
- écoles primaires (mixité avec les garçons) ;
- enseignement avancé pour l'admission aux études secondaires ;
- un effort pour l'accession à l'enseignement supérieur ;
Pour les adultes :
- 300 écoles d'enseignement pratique avec apprentissage de la lecture et de l'écriture.

A la fin de 1956, les effectifs scolaires sont les suivants :
Nombre d'écoles : 26.535
Effectif scolaire : 1.282.646
Personnel européen : 3.471
Personnel congolais : 42.727.

 

 

Œuvre des Missions.
Les missions ont eu et continuent d'avoir un rôle prépondérant dans l'œuvre médicale et la propagation de l'enseignement. Elles furent associées à l'œuvre coloniale dès ses débuts.
Les Missions comptent 700 postes et stations dont 525 catholiques avec 2.984 missionnaires et 2.499 religieuses et  255 protestants avec 587 pasteurs secondés par 952 femmes.
Les Missions ont créé progressivement une église congolaise de 1.003 pasteurs, 2 évêques, 714 prêtres, 684 religieuses catholiques. Paradoxe : les femmes ont répondu avec enthousiasme à l'appel de la vocation religieuse.

 

 

Encouragement au Paysannat.
L'Office des Cités Africaines et les Fonds d'Avance favorisent l'accès à la petite propriété. Ils ont créé également, des bibliothèques, des cercles récréatifs, des cercles de contact avec les européens, des cercles sportifs, cinémas, clubs...
Le Fonds du Bien-Être Indigène est doté d'un capital de 2.100.000.000 de francs pour financer toute réalisation concourant au développement matériel et moral de la société.
Il convenait également de guider les Congolais dans la voie de la renaissance agricole qui leur permet d'atteindre la prospérité et de ne pas abandonner leurs terres, la concentration outrancière vers les villes n'étant pas de nature à procurer du travail à une classe paysanne. Il convient donc d'enseigner des techniques nouvelles destinées à remplacer l'empirisme, l'outillage rudimentaire, la monoculture.
Le Congolais semble heureux de vivre dans des cités modèles, bien plus agréables que nos corons actuels, leurs enfants fréquentent les écoles, leurs épouses bénéficient de programmes sociaux qui, par retour, leurs seront de grand profit.

 


Tous ces bilans appréciables sont, en grande partie, redevables du bon développement d'une politique des transports et de mise en valeur des accès aux richesses du Congo par le chemin de fer.
"Sans le chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny"
Henry Morton Stanley s'adressant au roi Léopold II.

 

 
 


Les transports (1957)
 

 
 

On ne peut mieux illustrer le développement économique du Congo belge que par un rapprochement des statistiques de transport. Pour l'année 1957, l'ensemble du trafic réalisé par les organismes officiels de transport a représenté les chiffres suivants.

Chemins de fer.

5.225 millions d'unités ventilées comme suit :
- Otraco : 2.658 millions
- BCK : 2.075 millions
- CFL : 396 millions
- Vicicongo : 96 millions.

11.799 milliers de tonnes de marchandises ventilées comme suit :
- Otraco : 4.809
- BCK : 6.606
- CFL : 680
- Vicicongo : 307

2.051.000 voyageurs ventilés comme suit :
- Otraco : 768.997
- BCK : 1.071.651
- CFL : 130.000
- Vicicongo : 80.848


Ports.
En blanc, les ports desservis par les lignes traitées dans le présent site.

         
 

en tonnes

1939 (pour comparaison)

1957

 
  Matadi 489.604 1.524.694  
  Boma 81.979 214.316  
  Léopoldville 361.365 1.680.887  
  Stanleyville - rive droite - 194.750  
  Stanleyville - rive gauche 63.882 187.500  
  Kindu 64.998 185.000  
  Albertville 34.638 223.000  
  Usumbura 26.773 218.000  
  Kalundu 14.679 81.612  
  Coquilhatville - 105.401  
  Aketi 47.345 137.168  
  Port Francqui 149.483 423.396  
  Bukama 23.528 52.080  
         
 
 

Capacité de transport des organismes officiels.

 
  509 locomotives pour un effort de traction de 5.378.000 kilos ;
8.658 wagons pour 271.000 tonnes de capacité de chargement ;
71.689 CV de puissance de remorqueurs ;
304.208 tonnes de capacité de chargement des bateaux.
 
 


Bilan des principales compagnies
 

 
 

 
  Otraco  

Créée le 20 avril 1935, l'Office d'Exploitation des Transports Coloniaux a pour but l'exploitation pour le compte de la Colonie des réseaux confiés. Elle reprenait, le 1er janvier 1936 :
- le chemin de fer Boma-Tshela (Mayumbe) exploité en régie par la Colonie ;
- le chemin de fer Matadi-Léopoldville repris à la CFC ;
- les services fluviaux sur le Haut Congo rachetés à l'Unatra ;
- le port de Matadi et Manucongo (1937) ;
- le chemin de fer du Kivu (1946) ;
- la route Kalundu-Bukavu ;
- la navigation sur le lac Kivu ;
- le port public de Léopoldville ;
- la CITAS et le port de Léopoldville (1955) ;
- le bief Banane-Boma-Matadi (1955).

La ligne Matadi-Léopoldville.
Au moment de la reprise à la CFC de la ligne Matadi - Léopoldville, celle-ci venait d'être rénovée et était passée à l'écartement de 1,067 m, l'ancien tracé avait été raccourci de 400 km à 366 et le matériel adapté et modernisé et rendu plus confortable. De la traction à vapeur, on est passé au Diesel-électrique. La signalisation a été rénovée, les rails anciens remplacé par de plus lourds, des voies de garage et la société a procédé à la création de la vaste gare de Limete (près de Léopoldville).
Le parc comprend 24 locos Diesel-électriques de route, 27 locos Diesel de manœuvre, 60 locos à vapeur, 67 voitures et 3.700 wagons. En 1958, seront commandés 16 locos Diesel, 3 autorails de 52 places avec bar et conditionnement d'air.
Le trafic s'établit à 892.122 tonnes à la montée, 695.221 à la descente et un trafic local de 1.198.144 tonnes.

Le port de Matadi.
Le plus important du Congo, ce port a subi d'incessantes transformations car il traite plus de la moitié des marchandises et produits transportés. Les quais ont aujourd'hui 1.720 m accessibles aux navires de haute mer, l'outillage constamment développé comporte 38 grues électriques (plus 15 en commande), 25 à vapeur,  de nombreux tracteurs et élévateurs. Aujourd'hui, les magasins développent une surface de 75.000 m². La manutention a passé les 1.550.000 tonnes. Des plans sont prévus pour un trafic dépassant les 5.000.000 de tonnes par an.

Le port de Boma.
Second en importance, il dessert un mouvement moindre, plus local, concernant la région forestière et agricole du Mayumbe. Sont traitées 200.000 tonnes de marchandises et produits par l'accès à un quai de 450 m équipé de 10 grues électriques. Un petit chantier naval est disponible, disposant d'un dock flottant. En étude : l'allongement des quais, de nouveaux magasins, un second dock.

Le chemin de fer du Mayumbe.
C'est une ligne de 140 km à voie étroite. Le trafic avoisine les 150.000 tonnes.

Le bief maritime Banane-Boma-Matadi.
Ce service dispose de vedettes et de chalands. Trafic de 32.000 tonnes de marchandises, 20.000 passagers.

Ensemble des voies d'eau exploitées sur le Haut Congo.
Réseau fluvial de 12.000 km. Léopoldville est tête de ligne et dessert journellement Stanleyville et Port-Francqui. Léopoldville dessert régulièrement le Lac Léopold II, Basankusu et Aketi.
La flottille se compose de 75 bateaux et 186 barges totalisant 58.000 tonnes. Nombre de ces bateaux sont en passe d'être équipés de moteurs Diesel comme mode de propulsion (65,2 %). Ceci permet la suppression des haltes pour l'approvisionnement en bois de chauffe. Le trafic s'est considérablement développé avec 1.700.000 tonnes transportées (contre 389.000 tonnes en 1937).
Le port de Léopoldville comporte :
- 1.257 m de quais
- 35 grues électriques
- 20 grues à moteur
- 66.000 m² de magasins
- un chantier naval.
Le port de Stanleyville rive droite comporte :
- 350 m de quais
- 12 grues, des derricks et des tracteurs
- 10.000 m² de magasins
Le port de Coquilhatville est complété et son agrandissement est à l'étude.

La ligne de chemin de fer Kalundu (lac Tanganyika) - Kamaniola.
Elle est longue de 94 km. Les routes Kamaniola-Bukavu et Kalundu-Bukavu desservent les grands lacs.

La navigation sur le lac Kivu.
Est effectuée par 12 bateaux et remorqueurs et d'une vingtaine de barges. Des vedettes rapides sillonnent entre Bukavu et Goma.

 
Tonnes transportées en 1957.
- 75.000 par le rail
- 60.000 par la route
- 80.000 sur le lac.

Personnel employé.
- 1.250 européens
- 30.000 congolais.

L'Otraco s'est toujours montré très compréhensif à la vie sociale de ses agents et leur famille. Il s'est équipé de maternités, de complexes sportifs, d'habitations saines et confortables, de cités propre, nettes et bien entretenues pour ses travailleurs congolais. Elle organise des cours pour mécaniciens, chauffeurs, ouvriers qualifiés. Elle a ouvert une école de batellerie car la conduite de certaines grosses unités est de plus en plus confiée à des congolais. Les femmes des agents congolais reçoivent des cours de couture et de ménage.


B.C.K.

Le réseau BCK est exploité pour le compte de la Compagnie des Chemins de Fer Katanga-Dilolo-Léopoldville (K.D.L.). Il a enregistré un trafic de 2.075.000.000 unités répartis sur un total de 2.612 km de lignes.

               

Évolution du trafic de la B.C.K.
en millions d'unités
 

  Année Voyageurs Minier marchandises total indice  

 

1938
1945
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
1955
1956
1957

20
110
84
64
74
84
88
100
119
128
151
165
218
262

273
380
387
401
404
394
486
559
585
629
712
773
830
849

196
398
419
447
532
564
531
593
665
745
828
795
894
964

489
888
890
912
1010
1042
1105
1252
1369
1502
1691
1733
1942
2075

100
182
182
186
206
213
226
256
280
307
346
354
397
424

 
 

Agence Économique et Financière - Numéro spécial du 4 mai 1958

Le développement de l'hinterland du chemin de fer s'est poursuivi à un rythme dépassant toutes les prévisions. L'évolution du trafic reflète les efforts déployés. L'augmentation du trafic depuis 1953 traduit l'amélioration des revenus et des conditions de vie des congolais. Le trafic a doublé tous les dix ans.

Équipement et modernisation du réseau.

La modernisation a porté principalement sur la mécanisation de nombreux travaux, l'amélioration des moyens de traction, l'équipement des ports et des gares.
L'électrification du réseau constitue l'opération la plus spectaculaire. En 1952 a lieu l'inauguration de l'électrification de la section Jadotville-Tenke. L'électrification s'est progressivement étendue à d'autres sections. En 1959, les lignes comprises entre Elisabethville, Kolwezi et Luena (530 km) sont exploitées électriquement, représentant 40% du trafic total du réseau.

Efforts pour la formation professionnelle.
La Compagnie ouvre des écoles de perfectionnement des artisans, notamment celle de l'école professionnelle de Jadotville où de jeunes éléments suivent des cours théoriques et pratiques.

Extension du réseau.
Depuis le 1er juin 1955, la jonction est faite avec les réseaux de la Compagnie des Chemins de Fer du Congo Supérieur aux Grands Lacs Africains. La Compagnie exploite un tronçon de la ligne Kamina-Kabalo de 201 km, jusqu'à Kabongo.
Un total de 3.516 km de lignes sont interconnectées. La jonction Port-Francqui-Léopoldville de 857 km, prévue par Léopold II, restera une étude et ne sera jamais entreprise.


C.F.L.
Constituée en 1902, cette société exploite un réseau de chemin de fer et un autre de navigation, desservant l'est du Congo Belge.
Voies ferrées :
- Stanleyville-Ponthierville (125 km)
- Kindu-Albertville (714 km)
- Kabalo-Kabongo (246 km), partie de la ligne Kamina-Kabalo.
     Pour un total de 1.085 km.
Voies fluviales :
- Ponthierville-Kindu, sur le Lualaba (310 km)
- Kabalo-Bukama, sur le Lualaba (565 km)
- Ankoro-Kiambi, sur la Luvua (150 km)
     Pour un total de 1.025 km.
Voies maritimes du Tanganyika :
- Albertville-Kigoma-Kalundu (345 km)
- Albertville-Moba-Moliro (320 km)
     Pour un total de 665 km.
Routes :
- Usumbira-Astrida-Kigali (299 km)
- Samba-Kasongo (30 km)
     Pour un total de 329 km.

Sa situation géographique centrale met le CFL en contact avec les réseau Otraco (Stanleyville-Léopoldville-Matadi et Kivu), pour le nord, et avec le BCK et les Chemins de Fer Rhodésien et Sud-Africain, pour le sud et enfin, avec l'est et l'océan Indien par les Chemins de Fer de l'Est Africain.
L'exploitation conjointe fer-fleuve-lac oblige la CFL a de constantes adaptations et un effort soutenu dans l'achat de matériel. De plus, elle a construit de nombreux ouvrages d'art sur les fleuves. En se raccordant au BCK, elle a du adapter son écartement de voie ferrée en passant de la voie à 1 m à celle de 1,067 m, chose faite en septembre 1955. En 1957, le total de voies ferrées s'élève à 1.085 km.

Chemin de fer.
Le trafic CFL a considérablement augmenté ces 20 dernières années.
Tonnage kilométrique :
- 1937 : 76.500.000
- 1947 : 197.000.000
- 1957 : 373.500.000
Voyageurs/kilomètre :
- 1937 : 9.945.000
- 1947 : 21.752.000
- 1957 : 31.000.000
Corrélativement à l'évolution économique et à la hausse du trafic, La CFL a considérablement augmenté son matériel et ses installations. Les nouveaux wagons ont une capacité de 42 tonnes (contre 27 en 1937), le parc de locomotives a été amélioré en nombre et qualité : les dernières unités sont des locos Diesel. De nouvelles voitures métalliques ont été mises en service ; les 1ère et 2e classes sont toutes voitures-lits et dotées du conditionnement d'air. Il en est de même pour les voitures restaurant.

Voies navigables.
La flottille fluviale CFL s'est dotée d'une capacité en lourd de 19.800 tonnes (1957).
La flottille Tanganyika a atteint les 11.000 tonnes (1957). De nouveaux remorqueurs Diesel ont été acquis.
L'accroissement des transports et des transit a entraîné la nécessité de développer très sérieusement les installations portuaires et de renforcer l'outillage, notamment à Stanleyville, Ponthierville, Kindu, Usumbura, Albertville. L'éclairage de nuit se généralise dans tous les ports. Les ateliers d'Albertville sont passés d'une surface de 3.000 m² en 1937 à 8.100 m² en 1957.

Les effectifs.
Agents européens :
- 1937 : 143
- 1947 : 232
- 1957 : 320
Agents congolais :
- 1937 : 5.692
- 1947 : 10.497
- 1957 : 11.211


Vicicongo
Créée le 7 mai 1924 pour exploiter des lignes de chemin de fer au Congo Belge, cette société a assumé principalement le transport des personnes et des marchandises dans toute la région des Ueles, de l'Ituri et du Nord Kivu. Le chemin de fer à voie étroite totalise 842 km part du port d'Aketi, terminus de la voie navigable de l'Itimbiri, affluent du Congo. La ligne principale atteint Mungbere, à 685 km, d'où elle se divise en deux bretelles pour atteindre Bondo (151 km) et Titule (290 km).
Parallèlement au développement de la voie ferrée, la route accueille un trafic routier dense pour la liaison au rail. Pour ce faire, Vicicongo a absorbé les Messageries Automobiles du Congo (MAS). Elle a également accru son parc de véhicules qui compte 450 unités parcourant dix millions de km par année.
La société exploite également le port d'Aketi sur l'Itimbiri et celui de Kasenyi sur le lac Albert.
L'unité du complexe port-fer-route réalisée a contribué à l'essor prodigieux de la région. Celle-ci connaît une prospérité remarquable.

 

Transit du port d'Aketi (en tonnes)
 

   

Import

Export

Total

 
 

1926
1946
1956

4.232
20.149
71.736

4.880
37.096
73.993

9.112
57.245
145.729

 
 

Unité du Trafic
 

   

Route

Fer

Total

 
 

1926
1946
1956

3.045.540
13.775.410
33.293.327

630.534
24.556.448
62.986.995

3.676.074
38.331.858
96.280.322

 
 
 
     
 


En guise d'épilogue
 

 
 


Mémorial de la ligne Matadi-Léopoldville (1952)
Photo de Alain Beguin - extraite du site http://www.katembo.be

On reste ébahi de voir comment un pays aussi petit que la Belgique développera en plein centre de l'Afrique, un tel réseau de voies de communications en si peu de temps : les Européens allaient en trente ans, étudier, tracer, construire et exploiter 2.000 km de voies ferrées à travers des terres inconnues. A ce titre, on peut parler d'un véritable défi que les coloniaux, les industriels et hommes d'affaires belges ainsi que les Ministres des Colonies successifs allaient relever !
  
Le Rail au Congo Belge - tome II, p 18 - Charles Blanchart.