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BCK - KDL - Le site des chemins de fer du Katanga |
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On ne peut aborder un site sur le
chemin de fer au Katanga sans tenir compte des travaux préparatoires liés
aux créations des lignes, ni ignorer le but pour lequel elles ont été
construites. Nous nous proposons donc d'étudier les cinq missions d'études
les plus importantes qui ont été menées sur le sol congolais. Plusieurs
d'entres elles concernent le Katanga et son exploitation. Mais, certaines
concernent également les liaisons possibles vers la capitale Léopoldville et
vers l'océan atlantique (Lobito). |
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| Recherche du tracé pour la Compagnie des Chemins de fer du Katanga (CFK). | |||
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| Première mission, dite "Mission Jacques" - 1902 - 1904 (voir carte ci-dessous) | |||
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Le commandant Jacques,
futur Baron Jacques de Dixmude, recrute ses porteurs près d'Albertville et
commence son travail en mars 1903. Il doit reconnaître le terrain compris
entre le Lualaba et la Lufira puis se rendre à Kambove, ancien Tenke.
Ensuite, il doit aller au nord pour rejoindre un point navigable sur le
Lualaba. Septembre 1903 - La mission se scinde en deux groupes à Guba, après avoir découvert que la Lufira est très peu indiquée pour la navigabilité. - le premier groupe étudie le tracé Guba - Kambove - Tenke - le groupe du commandant Jacques fonce vers le Lualaba qu'il atteint à Ulunga, en aval de Bukama. Des difficultés rencontrées sur le plateau des Bianos font renoncer à cet itinéraire. Jacques part de Guba vers l'ouest, via Fungurume-Ruwe et Kanzenze pour atteindre le Lualaba. Il descend jusqu'en aval des rapides de Kalengwe, point où le fleuve devient navigable. Reconnaissance terminée en juillet 1904. Le retour vers Guba s'effectue en suivant la vallée de la Luena, celle de la Kalule sud et la vallée de Pande. Cet itinéraire a indiqué le tracé nord de la ligne actuelle. |
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| Deuxième mission, dite "Ckiandi" - 1906 - 1908" (voir carte ci-dessus). | |||
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L'ingénieur Ckiandi,
adjoint de Jacques, s'inspire des données géologiques d'Henri
Buttgenbach qui a relevé trois zones minières importantes au Katanga
: - une zone ferrugineuse longeant la frontière sud du Katanga (nécessaire pour le traitement du cuivre) ; - une zone cuprifère, parallèle à la première, où les chutes de Zilo pourraient fournir une énergie hydro-électrique ; - une zone stannifère sur la rive droite du Lualaba (gisement de Busanga). |
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Il doit étudier la faisabilité d'une ligne de chemin de
fer partant de Musofi, près de la frontière rhodésienne où devait arriver
une voie ferrée sud-africaine pour les mines rhodésiennes, reconnaître la
ligne de faîte (partage des eaux) entre le Zambèze et le Lualaba, remonter
vers Ruwe et étudier le raccordement Ruwe-Busanga. Mais, en 1908, lorsque Ckiandi termine ses travaux, les difficultés financières du groupe britannique conseillent le choix de tracés écourtés tant pour la voie du Benguela portugais que pour celle de Broken Hill. Il était, par contre intéressant que la ligne portugaise puisse rejoindre le Katanga plus au nord (Dilolo) et que le chemin de fer desservant le Katanga puisse le rencontrer. En 1908, les projets de tracés sont très proches de ceux qui furent retenus, car il paraissait plus indiqué de construire une ligne allant de Ruwe à Kambove, l'Etoile du Congo-Mabaya à la frontière rhodésienne. Ce tracé avait l'avantage de parcourir la zone cuprifère et de diminuer la longueur de la ligne à construire en Rhodésie. C'est Jean Jadot, administrateur délégué de la BCK, qui défendit cette thèse. Celle-ci fut adoptée par la Compagnie du Chemin de fer du Katanga et par l'État Indépendant du Congo. Le 30 janvier 1909, une convention passée entre la Tanganyika, l'UMHK, la BCK et la CFK permit la construction d'une ligne rhodésienne rejoignant la frontière katangaise au départ de Broken Hill, chose faite le premier décembre 1909. |
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| Recherche du tracé pour la liaison du Bas-Congo au Katanga (BCK). | |||
| Première mission, dite "Mission Jacques" - 1904 - 1905 (voir carte ci-dessous). | |||
| Après sa mission au Katanga (1902-1904), Jacques est chargé d'étudier un itinéraire vers le Bas-Congo. Son itinéraire devait rejoindre Ruwe sur le Lualaba à Mutombo-Mukulu puis, en suivant une direction parallèle à celle de la Lubilash, atteindre Lusambo, emprunter ensuite la ligne de faîte entre le Sankuru-Kasaï et la Lukenie, franchir le Kasaï et se raccorder enfin au chemin de fer du Bas-Congo. Depuis Ruwe, il doit reconnaître un itinéraire jusqu'à Mutombo-Mukulu, puis Lusambo, pour atteindre Tsimbango et, finalement, Kamba, en aval de Lusambo sur le Sankuru. La suite du tracé, non reconnu, devait emprunter la ligne de partage des eaux entre la Lukenie et les cours successifs du Sankuru et du Kasaï. Pour éviter de doubler les rivières, on projeta une deuxième mission pour un trajet plus court. | |||
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| Seconde mission, itinéraire méridional - 1905, 1906, 1907 (voir carte ci-dessus). | |||
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Passau et Warnier-Passau
sont les noms de la seconde expédition chargée de reconnaître un trajet
partant d'Inkisi, près de Thysville, en traversant les régions du Kwango
entre les 5e et 6e parallèles sud, après avoir franchi le Kasaï et le
Sankuru, se dirige vers Djoko-Punda (Charlesville) et terminerait son
trajet à Bukama en aboutissant au Lualaba à la hauteur des chutes Kalenge. Ces missions échouèrent à
cause des difficultés morphologiques du tracé. |
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| Troisième mission, itinéraire septentrional - Mission Geraki - 1905 (voir carte ci-dessus). | |||
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Cette mission est chargée de trouver un raccordement à
Kamba de la mission Jacques, dans la partie comprise entre Kamba-Isaka et
Bolombo. De grandes difficultés y ont mis fin vers Enkombe. |
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Quatrième mission,
itinéraire septentrional -
1907 - 1908 (voir
carte ci-dessus). Missions Calandiny, Salentiny et Slosse-Fontainas |
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| Ces missions sont destinées à parfaire la mission Geraki. Elles ne purent surmonter l'hostilité des indigènes et de la nature. Il fallait renoncer à traverser certains territoires, revenir en arrière, tenter de rejoindre l'itinéraire recherché par des voies détournées. L'étude reste incomplète et il faudra attendre Odon Jadot pour la compléter, assurant sans solution de continuité la liaison entre le Bas-Congo et le Katanga. | |||
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| Cinquième mission - Mission Warnier (voir carte ci-dessus). | |||
| Cette mission effectua une reconnaissance entre Banningville (Bandundu) et le Stanley Pool. | |||
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| Sixième mission - Ckiandi-Fontainas - 1909 (voir carte ci-dessous). | |||
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C'est un légère variante de la mission Jacques de 1904.,
le projet de tracé Sankishia, près de Bukama, vers Lusambo. La suite doit
être assurée par voie d'eau du Sankuru et du Kasaï. Depuis 1908, avec
Slosse, ensuite avec Ckiandi, Paul Fontainas
s'y attaque. En 1911, il dirige une mission CFK puis des recherches minières pour la BCK. |
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| Septième mission - Odon Jadot - 1912 - 1914 (voir carte ci-dessus). | |||
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Il s'agit de reconnaître un tracé à travers la région du
Kwango et du Kasaï rejoignant, via Charlesville, le tracé reconnu par
Ckiandi entre Bukama et Kanda-Kanda. On estimait qu'un tel tracé n'aurait
pas nécessité un profil trop accidenté en raison de la croyance alors très
répandue d'un brusque affaissement des plateaux élevés du Kasaï et du Kwango
vers le 6e parallèle sud selon une ligne Est-Ouest correspondant d'ailleurs
à une ligne de chutes. En aval de cette rupture de pente, la médiocrité des
accidents de relief n'opposait pas d'obstacles appréciables à
l'établissement de la voie ferrée. Surmontant de très nombreuses
difficultés, les missions Jadot rapportèrent des observations concluantes :
une telle rupture de pente n'existait pas, le plateau s'abaissant
régulièrement vers le Nord ;le pays se prêtait très peu à l'établissement
d'une voie ferrée destinée principalement à assurer un trafic de transit et
non à desservir les pays traversés ; les pentes étaient trop fortes et,
d'autre part, la direction générale du tracé perpendiculaire aux accidents
de terrain multipliait les difficultés techniques en exigeant la traversée
de tous les affluents du Kasaï. Ce tracé donnera cependant naissance à la
Route Prince Léopold dans le territoire de
Luluabourg et de Luebo. Mais, la guerre de 1914 interrompt la mission Jadot.
L'étude définitive entre le Kasaï et Bukama ne fut reprise qu'en 1921, sous
la direction d'Odon Jadot. Voir la carte du tracé définitif adopté. |
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| Huitième mission - Schepers - 1930 - 1931 - 1932 (voir carte ci-dessus). | |||
| Cette mission effectua l'étude définitive de la liaison Léopoldville - Port-Francqui via Banningville (Bandundu). | |||
| Recherche du tracé pour la liaison avec le rail portugais (Caminho de Ferro de Benguela) - 1916. | |||
| La voie de Lobito s'était imposée à Sir Robert Williams pour son appréciable gain de distance par rapport à celle du Cap. De plus les communications maritimes avec l'Europe sont plus courtes via l'Atlantique. Le rail du Katanga venant de Sakania, Elisabethville, Kambove, le tout en zone cuprifère, atteignait Tenke et Tshilongo pour filer en direction du nord vers Bukama. C'est au coude de cette ligne que devait logiquement aboutir le rail venant de Lobito et qui était à 750 km de la frontière congolaise en 1916. | |||
| Première mission - Baillieux - 1916 (voir carte ci-dessous). | |||
| La ligne Sakania - Tenke - Bukama laissait Ruwe sur la gauche et le chemin de fer vers le rail portugais desservait la région minière de l'ouest. Baillieux reconnut donc un itinéraire via Ruwe-Kolwezi et les mines de Musonoï. La mission prévoyait un embranchement vers la future centrale hydro-électrique de Zilo, sur le Lualaba. Ce tracé longe la frontière sud du Katanga. | |||
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| Deuxième mission - Sesti - 1921 (voir carte ci-dessus). | |||
| Cette mission reconnaît le tracé de la ligne actuelle entre Musonoï et Tenke. | |||
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| Troisième mission - Thibert - 1921 - 1927 (voir carte ci-dessus). | |||
| Les missions Thibert ont poursuivi vers l'Angola les reconnaissances de Sesti. La rectification de frontière de 1927 à Saint-Paul de Loanda, fixe la ligne de démarcation le long de la rivière Luao et détermine enfin le tracé définitif aboutissant à Dilolo. | |||
| Recherche du tracé Kamina - Kabalo (voir carte ci-dessous). | |||
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Le bief Kabalo-Bukama ne présente pas la régularité
requise pour des relations Katanga - Province Orientale - Tanganyika. Il
convient également de matérialiser l'unité politico-économique du Congo par
une transversale que constitue la ligne Albertville-Matadi. Cela sous-entend
la réalisation de la liaison Port-Francqui-Léopoldville. En attendant,la
ligne Kabalo-Kamina va assurer l'écoulement du trafic du nord vers le
Katanga. Kamina a été choisie comme point de jonction parce qu'elle permet un raccourcissement de la voie vers le Katanga et aussi parce que l'itinéraire suivant la grande ligne de crête entre le Lomami et le Lualaba présente l'avantage de la facilité. Les études des missions Desmet (BCK) et Oliaro (CFL) ont décidé le Ministre des Colonies, en 1951, à faire entreprendre les études définitives de la ligne Kabalo-Kamina. La construction s'achève en 1956. |
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